Pour une spiritualité juive moderne : l’Union libérale israélite et ses fondatrices, Marguerite Brandon Salvador (1846-1925) et Clarisse Eugène Simon (1855-1950), par Catherine Poujol

Pour une spiritualité juive moderne : l’Union libérale israélite et ses fondatrices, Marguerite Brandon Salvador (1846-1925) et Clarisse Eugène Simon (1855-1950), par Catherine Poujol Le 4 décembre 1907, lors du premier office de l’Union libérale israélite, rue Copernic, Clarisse Eugène Simon et Marguerite Brandon Salvador, touchaient enfin à leur but : réformer le judaïsme français. L’histoire n’a pas retenu le nom des deux vice-présidentes, qui sont pourtant les premières femmes à assumer la direction administrative d’une synagogue en France. C’est bien leur projet, leur aspiration commune qui prennent forme, après que la réforme ait lentement mûrie dans leurs salons. Riches, elles ont leurs bonnes œuvres comme tant d’autres dames de la grande bourgeoisie. Cela ne les empêche pas d’être aussi des intellectuelles et des féministes. Elles partagent une autre originalité, dans un milieu où l’indifférence religieuse le dispute souvent à la tentation de la conversion : celle de se sentir concernées par la dimension nationale du judaïsme et par la religion de leurs pères, au point de vouloir la moderniser. Montrer comment elles sont arrivées à leurs fins et en quoi ce judaïsme modernisé répond aux aspirations d’une fraction de la grande bourgeoisie juive du temps tel est le but de cet article.




Modern Jewish spirituality: the Liberal Jewish Union and its founders, Marguerite Brandon Salvador and Clarisse Eugene Simon, by Catherine Poujol

On December 4th 1907, during the first service of the LIU, Copernic Street, Claire Eugene Simon and Marguerite Brandon Salvador knew that they had finally succeeded in introducing a reform of the French Judaism. History did not keep notice of the names of the two vice-presidents, although they were the first women to belong to the administrative presidency of a synagogue in France. It was their own project, their common wish which then became a reality, after a long ripening of that reform that went on in their sitting-rooms. Since they were well off, as so many other ladies of the high middle-class, they dedicated much of their time and efforts to various philanthropic societies. But this was not an obstacle for them from acting as cultivated feminists. They shared another peculiarity, in a social group which was not interested in religion, but accepted conversions. They felt concerned with the national scope of Judaism as the religion of their ancestors, so deeply that they tried to change it according to modern priority. The aim of this article is to describe how they achieved their schemes and how this up-to-date Judaism is an answer to the wishes of a part of the upper Jewish society of that period.